Tassi Hangbé : Comment restaurer la mémoire d’une reine oubliée de l’histoire ?

La deuxième édition de Citoyen 229 annoncée pour se tenir en guise de la célébration des deux années d’existence de la plateforme est désormais une réalité. L’initiative lancée dans la matinée du vendredi 20 novembre 2020 par la marraine Barkatou Sabi Boun réunit cinquante jeunes béninois sur le campus d’Abomey-Calavi. Cette deuxième édition est placée sous le sceau du patrimoine culturel béninois à l’ère du numérique. Elle vise à édifier la jeunesse sur le patrimoine culturel béninois et les possibilités d’utiliser les TICs pour sa promotion ainsi que sa valorisation.

L’historien spécialiste de l’histoire politique du Bénin de 1935 à 1990 a fait part, pour introduire sa communication, de son crève-cœur sur la non-valorisation de la grande reine Tassi Hangbè qui a régné sur le royaume du Danxomè.

Le grand destin d’une princesse

Sœur jumelle du roi Akaba qui régna de 1685 à 1708, Tassi Hangbè (la prêtresse à la voix rossignolante en français) était prédestinée à de grandes réalisations. Le savait-elle ? Nous l’ignorons et on ne le saura certainement jamais.

Le début de son grand destin débuta par une malheureuse situation. En effet, suite à la mort du roi Akaba à la veille d’une bataille décisive entre l’armée du royaume du Danxomè et celle des Oyo et Wémènou, elle se retrouva dans un dilemme. Il fallait soit informer l’armée de la mauvaise nouvelle et encourir une défaite cuisante ou trouver une astuce pour éviter cette situation. Optant pour trouver une astuce, elle eut la brillante idée de se déguiser incognito en la personne du roi pour conduire l’armée au combat. L’armée remporta la bataille et rentra donc triomphalement. A ce moment alors, elle fit part à tous de sa supercherie, et contre toute attente, elle devint la reine du royaume du Danxomè.

La fin tragique de la grande reine Tassi Hangbè

En dépit de son règne très court en tant que reine (1708 – 1711), ses réalisations forcent respect et admiration. Précurseur de l’armée des amazones qui fait la fierté du Danxomè à ce jour, elle a lutté énormément pour la promotion de la femme. En vue de promouvoir la place de cette dernière dans la société, elle mit en place un conseil en charge de penser à des stratégies dans ce sens. Il fut notamment demandé aux femmes d’apprendre les métiers de tisserand, vannerie, forge, poterie qui autrefois, était pratiqués par des hommes afin de leur permettre d’être capable d’agir à arme égale et de s’émanciper.

La reine Tassi Hangbè accomplit de très belles réalisations  dans le royaume du Danxomè. Hélas, son état de femme ne plaisait pas à tout le monde. Il y eut donc une conspiration afin de l’évincer du trône au profit de son frère cadet Dossou. Il existe plusieurs versions à cette fameuse histoire. Toutefois, son frère Dossou, une fois couronné, prit le nom d’Agadja.

Restauration de la mémoire de la reine Tassi Hangbè

Il y eut des propositions très intéressantes. On parla de faire sa promotion et l’éloge de ses belles œuvres afin de restaurer sa mémoire et valoriser son nom et son héritage. Pour cela, il fut proposé d’insérer son histoire dans le programme éducatif ou encore de construire son monument dans les palais royaux et musées.

Notre identité n’est pas grand-chose sans notre culture. Il est primordial que nous retournions aux sources pour en apprendre davantage sur l’histoire de nos ancêtres et de notre pays.

Géraldine ZINSOU, Gyslain OHIN, Ruddy WHANDENON (Contributeurs)