Interdiction des manifestations à caractère revendicatif dans certaines communes au Bénin : une violation de la Constitution

Les derniers jours du mois de février 2019 ont été marqués des troubles et des manifestations populaires. Dans un tel contexte électoral, la préservation de la paix est capitale et les libertés fondamentales doivent être garanties. Mais force est de constater que ces derniers jours, la liberté de manifestation est violée.

Suite aux manifestations populaires ayant opposé les populations de Kilibo aux forces de l’ordre, certaines communes du Bénin ont décidé de les interdire sauf que cela constitue une violation de la Constitution du 11 décembre 1990.

En effet, les notes d’interdiction de manifestations à caractère revendicatif depuis un moment se répandent dans différentes communes du Bénin. Après Parakou et Glazoué, c’est le tour d’Allada d’interdire à travers un communiqué les manifestations à caractère revendicatif.

La constitution Béninoise en son article 25 stipule que

L’Etat reconnaît et garantit dans les conditions fixées par la loi, la liberté d’aller et de venir, la liberté d’association, de réunion, de cortège et de manifestations

A ce titre, toutes les manifestations ne peuvent être interdites d’office par ces maires quelle que soit la période et mieux, je ne trouve pas de raison valable pour cela.

Par ailleurs, aucune disposition d’aucun texte en vigueur en République du Bénin n’oblige les citoyens à formuler une demande d’autorisation avant toute manifestation.  Je lance un appelle donc à nos autorités politiques pour une prise de conscience dans ce contexte électoral et à reconnaître qu’après tout, la souveraineté et le pouvoir appartiennent au peuple. C’est lui qui donne et il peut l’arracher à tout moment.

Sergino Frédice OBOSSOU, contributeur #citoyen229