Retrait du Bénin de la CADHP : L’impact sera très ostensible de l’actif des finances publiques

Il n’y a plus désormais de secret polichinelle pour les citoyens béninois quant à la saisine tous azimuts de la cour Africaine des droits de l’homme et des peuples. Droit accordés jadis aux citoyens béninois suite à la déclaration de compétence faite par le Bénin en 2016 qui permettait aux individus et aux organisations de saisir cette juridiction régionale après l’épuisement non des voies de recours au plan interne.

Suite à l’injonction faite par Arusha, de la suspension de l’organisation des élections législatives prévues le 17 Mai 2020 dans l’affaire opposant l’homme d’affaire Sébastien Ajavon à l’Etat Béninois, le ministre Alain Orounla, porte-parole du gouvernement béninois justifie ce retrait en soutenant que la Cour Africaine des droits de l’homme et des peuples est en train de sortir de sa sphère de compétence et ces dernières décisions risquent de bouleverser l’ordre juridictionnelle interne des pays membres.

À contrario, j’estime qu’il faut reconnaître aujourd’hui que la conciliation justice internationale et souveraineté étatique conduit à apprécier la Cour Africaine des droits de l’homme et des peuples d’abord comme régulatrice avant d’être justicière. Elle ausculte, diagnostic, traite et soigne en matière de droits de l’homme.

Si nous partons du postulat que la violation des droits de l’homme constitue une limite qui déroge à la souveraineté des États, le retrait ou non du Bénin de la possibilité de saisine accordée aux individus et aux organisations du protocole instituant la Cour Africaine des droits de l’homme et des peuples n’est pas forcément la bonne solution. Car en se soustrayant, l’architecture des mécanismes onusiens reste un parapluie de protection pour les individus tant que les droits de l’homme seront piétinés.

Après le retrait de la Tanzanie terre par excellence de l’hospitalité de la cour et du Rwanda, le Bénin vient d’inscrire tristement son nom dans les annuaires Africains des droits de l’homme.

L’expérience tanzanienne quant à elle illustre si bien les jours sombres qui nous attendent sur l’échiquier économique. L’impact sera très ostensible de l’actif des finances publiques.

Romaric ZINSOU, contributeur #Citoyen229